la distance entre le passé et le présent : obstacle ou aide à la connaissance humaine?

Le passé n'est plus et on peut oublier qu'on a oublié les événements du passé. D'un autre côté, qui peut vraiment comprendre le sens actuel de son engagement dans une situation présente?. N'est-ce pas longtemps après qu'on arrive à déterminer l'importance exacte de ce qui nous arrivait? Cette distance nous a permis de relativiser et de mieux comprendre.
Nous allons essayer de déterminer les différents sens possibles de cette distance entre le passé et le présent.
Dans une première partie, en examinant la nature du temps historique et en l'opposant au temps mythique (I), dans un second temps en évaluant l'usage que l'historien peut en faire ( II), dans un troisième temps en se demandant si une interprétation métaphysique de cette distance est encore possible. A t'elle un sens définitif? Une philosophie de l'histoire est-elle possible (III)? Enfin, à la démarche de l'historien qui cherche à expliquer les événements à partir de causes, nous chercherons à proposer une alternative qui consiste à rechercher des origines cachées, et à déterminer la notion de généalogie.
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# Posté le mardi 29 avril 2008 03:51

Modifié le mardi 29 avril 2008 04:13

LE TRAVAIL: lE POINT DE VUE D UN JEUNE ARTISTE

vOICI UN TEXTE DE rIMBAUD ISSU D UNE sAISON EN ENFER? DANS LEQUEL IL DISCUTE ET REAGIT A LA SAGESSE DE L4ECCL2SIASTE


Le travail humain ! c'est l'explosion qui éclaire mon abîme de temps en temps. « Rien n'est vanité ; à la science, et en avant !» crie l'Ecclésiaste moderne, c'est-à-dire Tout le monde . Et pourtant les cadavres des méchants et des fainéants tombent sur le c½ur des autres... Ah ! vite, vite un peu ; là-bas, par delà la nuit, ces récompenses futures, éternelles... les échapperons-nous ?...
-Qu'y puis-je ? Je connais le travail ; et la science est trop lente, Que la prière galope et que la lumière gronde... je le vois bien. C'est trop simple, et il fait trop chaud ; on se passera de moi. J'ai mon devoir, j'en serai fier à la façon de plusieurs, en le mettant de côté.
Ma vie est usée. Allons ! feignons, fainéantons, ô pitié ! Et nous existerons en nous amusant, en rêvant amours monstres et univers fantastiques, en nous plaignant et en querellant les apparences du monde, saltimbanque, mendiant, artiste, bandit,
-prêtre ! Sur mon lit d'hôpital, l'odeur de l'encens m'est revenue si puissante ; gardien des aromates sacrés, confesseur, martyr... Je reconnais là ma sale éducation d'enfance. Puis quoi !... Aller mes vingt ans, si les autres vont vingt ans... Non ! non ! à présent je me révolte contre la mort! Le travail paraît trop léger à mon orgueil : ma trahison au monde serait un supplice trop court. Au dernier moment, j'attaquerais à droite, à gauche...
Alors, - oh ! - chère pauvre âme, l'éternité serait-elle pas perdue pour nous !

# Posté le lundi 26 février 2007 04:57

Modifié le mercredi 26 décembre 2007 12:24

Verité et politique. I comme icare et la définition de la politique par Arendt.

Du mensonge à la violence p.10 A. ARENDT

"Il faut ainsi nous souvenir, quand nous parlons de mensonge, et particuliérement du mensonge chez les hommes d'action, que celui-ci ne s'est pas introduit dans la politique à la suite de quelque accident dû à l'humanité pécheresse.

De ce fait l'indignation morale n'est pas susceptible de le faire disparaître. La falsification délibérée porte sur une réalité contingente, c'est-à-dire sur une matière qui n'est pas porteuse d'une vérité intangible et intrinsèque qui poourrait être autre qu'elle n'est. L'historien sait à quel point est vulnérable la trame des réalités parmi lesquelles nous vivons notre existence quotidienne, elle peut sans cesse être déchirée par l'effet de mensonges isolées, mise en pièce par les propagandes organisées et mensongères de groupe, nation, classe, ou rejetée et déformée, souvent soigneusement dissimulée sous d'épaisses couches de fictions, ou simplemment écartée enfin d'être rejetée dans l'oubli.

Pour que les faits soient assurés de trouver durablement place dans le domaine de la vie publique, il leur faut le témoignage du souvenir et la justification de témoins dignes de foi. Il en résulte qu'aucune déclaration portant sur des faits ne peut-être entiérement à l'abri du doute-aussi invulnérable à toute forme d'attaques que, par exemple, cette vaffirmation : deux et deux font quatre.

C'est cette fragilité qui fait que, jusqu'à un certain point, il est si facille et si tentant de tromper. La tromperie n'entre jamais en conflit avec la raison, car les choses auraient pu se passer effectivement de la façon dont le menteur le prétend; Le mensonge est souvent plus plausible, plus tentant pour la raison que la réalité, car le menteur posséde d'avance le grand avantage de savoir d'avance ce que le public souhaite enttendre ou s'attend à entendre.

(...) En temps normal, la réalité qui n'a pas d'équivalent vient confondre le menteur. Quelque soit l'ampleur de la trame mensongère que peut présenter le menteur expérimenté, elle ne parviendra jamais, même avec le concours des ordinateurs, à recouvrir la texture entière du réel".

# Posté le jeudi 22 février 2007 04:27

Modifié le vendredi 09 mars 2007 11:43

la connaissance.

Nietzsche

Par-delà le bien et le mal

Par delà le bien et le mal § 192

On abordera le problème de la connaissance telle qu'elle est vécue, à partir de ce texte de Nietzshe



Wer der Geschichte einer einzelnen Wissenschaft nachgegangen ist, der findet in ihrer Entwicklung einen Leitfaden zum Verständniss der ältesten und gemeinsten Vorgänge alles "Wissens und Erkennens": dort wie hier sind die voreiligen Hypothesen, die Erdichtungen, der gute dumme Wille zum "Glauben", der Mangel an Misstrauen und Geduld zuerst entwickelt, - unsre Sinne lernen es spät, und lernen es nie ganz, feine treue vorsichtige Organe der Erkenntniss zu sein. Unserm Auge fällt es bequemer, auf einen gegebenen Anlass hin ein schon öfter erzeugtes Bild wieder zu erzeugen, als das Abweichende und Neue eines Eindrucks bei sich festzuhalten: letzteres braucht mehr Kraft, mehr "Moralität". Etwas Neues hören ist dem Ohre peinlich und schwierig; fremde Musik hören wir schlecht. Unwillkürlich versuchen wir, beim Hören einer andren Sprache, die gehörten Laute in Worte einzuformen, welche uns vertrauter und heimischer klingen: so machte sich zum Beispiel der Deutsche ehemals aus dem gehörten arcubalista das Wort Armbrust zurecht. Das Neue findet auch unsre Sinne feindlich und widerwillig; und überhaupt herrschen schon bei den "einfachsten" Vorgängen der Sinnlichkeit die Affekte, wie Furcht, Liebe, Hass, eingeschlossen die passiven Affekte der Faulheit. - So wenig ein Leser heute die einzelnen Worte (oder gar Silben) einer Seite sämmtlich abliest - er nimmt vielmehr aus zwanzig Worten ungefähr fünf nach Zufall heraus und "erräth" den zu diesen fünf Worten muthmaasslich zugehörigen Sinn -, eben so wenig sehen wir einen Baum genau und vollständig, in Hinsicht auf Blätter, Zweige, Farbe, Gestalt; es fällt uns so sehr viel leichter, ein Ungefähr von Baum hin zu phantasiren. Selbst inmitten der seltsamsten Erlebnisse machen wir es noch ebenso: wir erdichten uns den grössten Theil des Erlebnisses und sind kaum dazu zu zwingen, nicht als "Erfinder" irgend einem Vorgange zuzuschauen. Dies Alles will sagen: wir sind von Grund aus, von Alters her - an's Lügen gewöhnt. Oder, um es tugendhafter und heuchlerischer, kurz angenehmer auszudrücken: man ist viel mehr Künstler als man weiss. - In einem lebhaften Gespräch sehe ich oftmals das Gesicht der Person, mit der ich rede, je nach dem Gedanken, den sie äussert, oder den ich bei ihr hervorgerufen glaube, so deutlich und feinbestimmt vor mir, dass dieser Grad von Deutlichkeit weit über die Kraft meines Sehvermögens hinausgeht: - die Feinheit des Muskelspiels und des Augen-Ausdrucks muss also von mir hinzugedichtet sein. Wahrscheinlich machte die Person ein ganz anderes Gesicht oder gar keins.

Celui qui a suivi l'histoire d'une science particulière trouvera dans son évolution une fil conducteur qui l'aidera à comprendre les phénomènes les plus anciens et les plus généraux de tout "savoir et connaître". Dans un cas comme dans l'autre, ce qui se développe en premier lieu, ce sont les hypothèses hâtives, les fictions, la sotte bonne volonté de "croire", le manque de méfiance et de patience; nos sens n'apprennent que tard, et n'apprennent jamais complètement à être les organes subtils, fidèles et prudents de la connaissance. A notre oeil Il est plus facile de reproduire, sur une indication donnée, une image déjà souvent produite, que de retenir ce qu'une impression a de différent et de neuf; il faut pour cela plus de force, plus de "moralité". Entendre quelque chose de nouveau est pénible et difficile à l'oreille; nous saisissons mal de la musique étrangère. Involontairement nous cherchons, à l'écoute d'une langue étrangère, à mettre sous les sons que nous entendons des mots qui nous semblent plus familiers et plus proches. C'est ainsi que l'Allemand en entendant autrefois arcubalista en a fait le mot Armbrust. La nouveauté heurte et indispose nos sens; et d'ailleurs dans les phénomènes sensoriels les plus simples sont déjà régis par les affects de crainte, d'amour et de haine, y compris les affects passifs de la paresse. De même qu'un lecteur ne lit pas tous les mots, et moins encore toutes les syllabes d'une page - sur vingt mots il en saisit quatre ou cinq au hasard et "devine" le sens qu'il présume devoir leur donner - de même nous ne voyons pas un arbre avec exactitude et dans son entier, en prenant en compte ses feuilles, ses branches, sa couleur, sa forme; il nous est beaucoup plus facile d'imaginer un à-peu-près d'arbre. Même en présence des événements les plus étranges, c'est encore ainsi que nous agissons : nous en imaginons la plus grande partie, et c'est tout juste s'il est possible de nous empêcher assister à un quelconque événement sans en être "l'inventeur". Tout cela pour dire que nous sommes foncièrement et de tout temps habitués à mentir. Ou, pour l'exprimer en termes plus vertueux et plus hypocrites, bref plus plaisants, on est beaucoup plus artiste qu'il ne le pense. Au cours d'une conversation animée, il m'arrive de voir le visage de la personne avec qui je parle, selon la pensée qu'elle exprime ou que je crois avoir éveillée en elle, se dessiner avec une netteté et une précision de détail qui dépassent de loin mon acuité visuelle; il faut donc que le jeu délicat des muscles et l'expression du regard aient été inventés par moi. Il est probable que la personne en question avait une tout autre expression, ou n'en avait aucune.

# Posté le mercredi 07 février 2007 03:35

Modifié le vendredi 09 mars 2007 11:43

les notes de samedi pour les absents de ts2 ( ps : je ne compte pas faire grève jeudi)

le travail et la technique

La technique ; ce qui donne à l'homme une puissance d'action sur les choses, son environnement. Il maximise ses capacités. Il refait le même geste, il finit par le maîtriser.
Il développe une habilité, il réalise et exerce une disposition naturelle à le faire, sans qu'il lui soit donné de savoir comment s'en servir à l'avance. Avec l'invention de l'outil,sa découverte, l'homme-primate de 2001 l'Odyssée de l'espace accède à la conscience de soi.
Il prend conscience qu'il peut transformer le monde. C'est une libération; L'homme n'est plus attaché à la terre. Il peut s'en libérer, en conquérant son espace, en tuant les animaux, il change d'alimentation. Il devient carnivore. L'outil lui permet également de donner la mort. La technique est la condition de survie de l'humanité. Elle est en même temps un pouvoir de destruction.
Quelques séquences après, nous ne voyons plus le phénomène de la tehcnique à sa naissance, mais celui de la technologie qui est allée jusqu'au bout de ses possibilités. L'homme s'est libéré entiérement de ses attaches corporelles. Les navettes spatiales qui vont dans l'espace sont un monde entiérement artificiel dans le quel les machines ont remplacé l'homme.
Il reste à se demender si la puissance déchaînée par la technique n'a pas remplacé l'homme, mais retenons l'idée de cette puissance qui inscrit l'homme dans une histoire qui vient tompre le cours monotone de la nature.

Le travail
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# Posté le lundi 05 février 2007 12:56

Modifié le mardi 03 juillet 2007 16:11